L’odeur de la cire efface toutes les peines

L’installation est composée de 4 robes enduites de cire d’abeille pure.
Conçue originellement pour une commande à la Filature de Belves, autour de 7 pièces, elle peut se concevoir comme des pièces isolées ou bien peut se voir ajouter d’autres éléments.
Les robes proviennent de dessous anciens, de robes de lin portées par les femmes sous leurs vêtement, servant de « chemise ».

L’intention de départ était d’honorer la mémoire ouvrière, les femmes qui travaillaient dans la filature et se relayaient en équipes. Ode au travaux essentiellement féminins, « l’odeur de la cire « était présenté dans la salle d’archive, telles des causeuses réunies lors d’un moment de repos, entamant un conciliabule muet.
La cire, venue d’autres ouvrières, les industrieuses abeilles, symbolise ce travail routinier et quotidien, mené sans relâche par des êtes anonymes, pour servir une cause commune.
La réunion des deux, en une seule et même peau, annonce un thème cher à l’artiste, le lien à l’animalité, et l’hybridation des espèces.

Ici l’on ne sait au premier regard de quoi sont faites ces pièces : peaux animales tendues, papier ? Éclairées par des lampes de l’intérieur, leur aspect translucide ajoute au mystère.

Les travaux d’Hélène BARRIER, souvent inspirés des architectures animales, prend ici tout son sens, l’oeuvre étant reproductible à d’autres exemplaires, pour former des modules qui s’articulent les uns aux autres.
Elle fait référence aux thèmes contemporains de la place des femmes dans la société, dans le monde du travail, ainsi que de la disparition des abeilles, qui meurent dans un silence assourdissant.

Une autre de ses caractéristique est de créer des pièces odorantes, comme l’installation autour des essaims en laine noire de » Et il entra dans un profond sommeil » joué avec une odeur composée pour l’occasion, d’herbes coupées, de miel et de cire, rappelant les odeurs de son enfance près des ruchers.

Le titre, « L’odeur de la cire efface toutes les peines », est effet une référence directe à son enfance et à son grand père apiculteur, qui récoltait le miel dans la cave de la maison familiale, époque rassurante, dont l’odeur de la cire, émanant en permane des robes, lui rappelle ce temps doux et sans heurt, encore vierge de toute plainte, tel un éden qui échappe à notre monde.

L’une des robes est utilisée pour des performances, notamment avec la pièce « Baras » du compositeur Frédéric Mathevet, où l’artiste utilise cet objet polymorphe pour évoquer l’exil.
Utilisé comme habit, abri, tente, carapace, sac, bateau, cercueil ou berceau, déployée, légère ou compacte, la robe est véritablement une seconde peau dans laquelle incarner toutes les métamorphoses.

L'installation a été activée pour "Scintillations " aux Voûtes à Paris, et pour "J'ai saupoudré mes chaussures de tulipes rouges" dans l'église des frères prêcheurs à Arles, en 2018.

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