EXPOSITION du 3.11.2020 / 19.01.2021

Espace Culturel André Malraux - Le Kremlin-Bicêtre
2 place Victor Hugo 94270 Le Kremlin-Bicêtre
M°7 Le Kremlin-Bicêtre

J'imagine mes oeuvres en fonction des espaces à habiter. Car l’habitat, la maison, le cocon, sont autant de noms pour imaginer des formes évocatrices de lieux où se réfugier, se protéger, se retrouver. Utilisant de prime abord le textile, les jeux de mots entre habit et abris permettent d’offrir des symboliques poreuses à mes constructions, qui font ici l'objet d'une exposition solo autour de cette notion d'abri.

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L’ODEUR DE LA CIRE EFFACE TOUTES LES PEINES

L’installation intitulée « L’odeur de la cire efface toutes les peines » donne son titre à l’exposition, dont la thématique aborde les notions d’abri, de nid, de cocon, de refuge, ou d’habit.
Cette installation, constituée de 8 robes enduites de cire d’abeille pure, prend pour point de départ une résidence dans une filature, où l’intention était d’honorer la mémoire ouvrière.
Ode au travaux essentiellement féminins, l’œuvre était présentée dans la salle d’archive, telles des causeuses réunies lors d’un moment de repos, entamant un conciliabule muet. La cire, venue d’autres ouvrières, les industrieuses abeilles, symbolise ce travail routinier et quotidien, mené sans relâche par des êtres anonymes, pour servir une cause commune.
Elle fait référence aux thèmes contemporains de la place des femmes dans la société, dans le monde du travail, ainsi que de la disparition des abeilles, qui meurent dans un silence assourdissant. La réunion des deux, en une seule et même peau, annonce un autre thème qui m’est cher, le lien à l’animalité, et l’hybridation des espèces.

LES GRANDES BRODERIES

Dans l’exposition, les deux autres grandes pièces majeures sont des broderies, réalisées sur des draps anciens, qui font 2m sur 3m.
Elles ont été créées spécifiquement pour ce lieu, bien que j’aie envie de travailler depuis longtemps sur de plus grands formats. Ces broderies évoquent certes des essaims d’abeilles, mais deviennent, au regard, avec la distance, des paysages presque abstraits, de par la répétition incessante des traits.
Si, dans la première broderie, la quasi totalité de la surface est brodée (ce qui a nécessité plus de 200 heures de travail)
La deuxième toile est un mélange graphique entre la broderie et le dessin au feutre.

MES JAMBES NE ME TIENNENT PLUS
Cette petite sculpture faite en cire noire poursuit le travail sur la thématique des maisons. J’ai tout fait pour qu’elle soit debout, mais elle a fondu une première fois, puis j’ai voulu la mettre sur pilotis pour faire écho à mes dessins mais les pieds, trop fragiles sous le poids de la maison, se sont brisés. Je l’ai donc laissé reposer plus sereinement sur le flan, soutenue par une pierre, les jambes en l’air, et l’ai appelée « mes jambes ne me tiennent plus » en souvenir d’un moment de sidération où je me trouvais sans pouvoir avancer d’un pas.

Suis l’installation appelée LE VILLAGE, qui reprend des éléments dessinés lors autres expositions, des maisons dessinées au feutre et au crayon graphite, découpées et assemblées à chaque fois différemment en fonction de l’espace donné, cependant toujours près du sol puisque les maisons ont des jambes et qu’ainsi elles tiennent debout.
Je travaille sur l’usure du feutre et du marqueur qui permet de créer des motifs inattendus, issu de l’outil et non de la forme.

À l’autre bout du village, il y a une de mes premières broderies, inspirée d’une maison du Corbusier, que j’ai appelée CORBUSETTE, double clin d’œil à Louise Bourgeois qui le connaissait et qui a composé une comptine malicieuse (OTT) reprenant le féminin de certains noms masculins, anticipant l’écriture inclusive. Le suffixe -Ette souvent minimise le nom accolé, et j’aime ainsi rappeler la façon dont les oeuvres textiles, souvent issues d’artistes femmes, sont rabaissées au rang de simples travaux d’aiguille.

LA GEANTE + la maquette

La géante est un projet particulier : c’est un travail réalisé avec des enfants autistes sur toute une année. Je voulais réfléchir à une sculpture qui soit aussi un abri, inspiré d’un livre de Temple GRANDIN qui raconte comment elle a crée des dispositifs dans lesquels elle s’enfermait pour être entourée, serrée, tenue, afin de calmer ses peurs et de se sentir en sécurité.
Ainsi est née cette grande poupée-abri dont les parties du corps sont en kit, pour un usage pédagogique, et tous les motifs ont été dessinés par les enfants lors d’ateliers.

LES RUCHES
Depuis les dessins d’observations de ruches, de nids et de fourmilières, j’ai commencé à construire des cocons tout d’abord en textile, puis en fil de fer et ensuite en céramique, comme ces 3 ruches.

VORTEX
Cette pièce en céramique, dont l’ouverture béante invite à y glisser une tête, et même d’autres parties du corps serait aussi un endroit dans lequel s’abriter, et peut-être même une sculpture avec laquelle danser. Y apparait également un autre animal qui me fascine, la pieuvre, animal étrange qui aime se cacher dans des cavités, et dont l’ADN paraît il est extra-terrestre. J’ai donc eu envie de construire un vortex qui permettrait à toute créature pouvant se glisser à l’intérieur de voyager à sa guise, dans le temps et l’espace.

LES FOURMILIERES
Comme je l’évoquais, dessiner les architectures animales est une activité régulière dans mon travail, de l’observation au croquis préparatoire à d’autres œuvres. Ici c’est une déclinaison colorée d’un dessin de fourmilière, et les brouillons , les calques, les réserves, se retrouvent à faire le lien dans d’autres propositions, comme avec les
LES CAVITES, céramiques qui évoquent en volume l’intérieur des cavités des fourmilières.

ET IL ENTRA DANS UN PROFOND SOMMEIL…
est une œuvre commencée il y a presque 10 ans, qui termine le parcours de l’exposition, commencée avec les abeilles et revenant aux abeilles.
Ici c’est l’observation d’essaims sauvage qui m’a inspiré la forme de ces cocons noirs en laine crochetée. L’installation était composée à l’origine de 50 cocons, elle s’enrichit de nouvelles pièces à chaque exposition.
Ici, nous en sommes à presque 180 cocons. Comme avec beaucoup de mes projets, cette installation textile est également une scénographie dans laquelle je danse, accompagnée du duo de musiciens Cravan.
Elle peut également être interactive, en insérant un dispositif électronique de capteurs de mouvement et de toucher reliées par un programme qui déclenchent des sons d’abeilles, ainsi qu’avec une « machine à odeur » diffusant un parfum créée sur mesure, composé d’odeur de miel, de cire et d’herbes coupées.

Cette installation symbolise le mouvement perpétuel, et offre un lieu en devenir, un théâtre de métamorphoses.

Il faut savoir qu’à chaque lieu je m’adapte et propose une exposition différente, protéiforme, qui fonctionne par modules qui s’installent in situ, avec différentes techniques et supports qui chacun permettent de répéter et décliner un même thème, à différentes échelles, pour envisager autant de perspectives et d’états de matière possibles.

L’idée est de travailler les œuvres et l’espace qui les accueille comme une matière vivante.

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